mardi 21 octobre 2014

Bonjour Tristesse - Françoise Sagan

"Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse" : c'est l'un des incipits les plus connus de la littérature française contemporaine. "Bonjour Tristesse" est le premier roman de Françoise Sagan, écrit et publié lorsque l'auteur n'avait que 18 ans, en 1954, il y a 60 ans.

Cécile, âgée de 17 ans, passe l'été en compagnie de son père, veuf de longue date et la petite amie de celui-ci, beaucoup plus jeune que lui, Elsa. Le trio mène une vie facile, oisive et mondaine, sans contraintes. Lorsqu' Anne, une amie de la famille, du même âge que le père,  intelligente, cultivée, et avec des principes, les rejoint, les vacances sont bouleversées: Raymond tombe amoureux d'elle et quitte Elsa. Adieu superficialité et farniente, Anne veut mettre la famille dans le droit chemin, s'oppose à la liaison entre Cécile et son petit ami Cyril, et force l'adolescente à préparer son baccalauréat. Partagée entre la peur de voir son monde s'effondrer et l'admiration qu'elle porte à Anne, Cécile décide finalement de manigancer pour que son père et elle retrouvent leur liberté.

Il est assez incroyable de penser que ce roman a 60 ans, tant je l'ai trouvé moderne, dans la forme comme dans le contenu. La problématique des familles recomposées, avec l'irruption d'un "corps étranger" qui peut perturber le mécanisme bien établi de la cellule familiale est très actuelle, tout comme la dichotomie entre le monde adulescent dans lequel vivent Cécile et son père, sans horaires ni contraintes, dans un contexte hédoniste, et le monde adulte d'Anne, où l'on a des responsabilités, un travail, des principes, un positionnement selon son âge. Car l'incursion d'Anne, qui a une quarantaine d'années, renvoie le père et la fille à leur âge réel: Raymond à ses responsabilités de père et aux engagements adultes, notamment le mariage, Cécile à sa vie de jeune fille, avec l'obligation de respecter les décisions des adultes, de ne pas voir qui elle veut, d'étudier, au lieu d'être traitée comme une égale par son père qui n'a pas d'ambition pour elle et lui fait vivre exactement la même vie que lui, l'habillant comme une femme et l'entraînant dans ses soirées.

J'ai trouvé très intéressant le personnage de Cécile, absolument pas manichéen. Elle fluctue de jour en jour, voire d'heures en heures, entre la volonté de se débarrasser de l'intruse qui perturbe son quotidien et son avenir, et l'admiration qu'elle porte à Anne, belle femme élégante, à la silhouette impeccable, intelligente, cultivée, ayant une carrière admirable. Elle est également reconnaissante à Anne de s'être occupée d'elle à sa sortie du couvent, et entrevoit la jeune femme accomplie qu'elle pourrait devenir si Anne prenait les rênes du foyer et de son existence. Mais elle supporte mal qu'Anne mette en lumière la superficialité de leur vie et méprise leurs fréquentations et passe-temps, et surtout qu'elle veuille changer leur vie, alors qu'aux yeux de Cécile cela n'a rien d'indispensable: elle n'a pas besoin de travailler pour avoir de l'argent, elle n'a pas d'ambition scolaire et professionnelle, et son père n'en a pas non plus pour elle, il estime qu'elle trouvera bien un mari fortuné pour l'entretenir si besoin.

Le roman est court, facile à lire, Cécile est attachante dans ses interrogations, ses analyses, même si la situation lui échappe. Cet été est une parenthèse dans sa vie, qui la marquera à tout jamais, en introduisant la tristesse dans son existence.

J'ai écouté ce livre, très bien lu par Sara Giraudeau, qui donne vraiment vie au récit et au personnage de Cécile avec une voix sucrée, détachée et un rien perverse.
Vous pourrez retrouver les avis des Bibliomaniacs ici à partir de début Novembre. 


A noter que vous pouvez désormais retrouver "Tu vas t'abimer les yeux" sur Facebook, c'est ici!

(Photo de Benoit Peverelli, issue d'une série mode de Madame Figaro, réalisée par Delphine Perroy)

lundi 20 octobre 2014

Ils vivent la nuit - Dennis Lehane

Dennis Lehane est un écrivain que j'apprécie, que ce soit pour sa série policière Kenzie-Gennaro, notamment "Gone Baby Gone" ou pour ses autres romans, comme "Mystic River" ou "Shutter Island", qui ont d'ailleurs été adaptés au cinéma. 
"Ils vivent la nuit" est son livre le plus récemment publié en France, son dernier "Quand vient la nuit" n'étant pas encore traduit en français malgré la sortie, le 12 Novembre prochain, de son adaptation cinématographique. 

"Ils vivent la nuit" retrace le parcours dans la mafia de Joe Coughlin, fils de commissaire, durant la Prohibition, de Boston à Cuba, en passant par Miami, à l'extérieur comme au pénitencier. Faits d'arme, amitiés, patronage, trahison, vengeance, et deux grandes histoires d'amour.

Je dois avouer que j'ai été déçue par ce roman. Certes l'histoire est rondement menée, mais j'y ai trouvé de nombreux clichés: le fils de commissaire qui devient mafieux, la femme fatale qui joue sur plusieurs tableaux, la fille perdue qui devient prêcheuse...j'avais même deviné la fin,  similaire à celle d'un beau film des années 90 avec Brad Pitt. Les multiples rebondissements entre associations de malfaiteurs, trahisons, vengeances m'ont lassée et je dois dire que j'ai lu quelques dizaines de pages en diagonale.

Je suis sûre que ce roman fera l'objet d'une superbe adaptation cinématographique, entre les rues sombres et tortueuses de Boston et ses mafieux aux accents irlandais et italien, et le soleil de Miami et de Cuba. Mais je ne garderai pas un souvenir pérenne de ce livre, et je vais préférer relire la série Kenzie-Gennaro.

A noter qu' "Ils vivent la nuit" fait suite à "Un pays à l'aube", dont l'un des protagonistes principaux est Danny Coughlin, frère aîné de Joe, que l'on retrouve brièvement dans ce deuxième tome.  Pour être honnête, je n'ai quasi aucun souvenir d'"Un pays à l'aube" que j'ai lu il y a quelques années...Il semblerait que cette nouvelle série, dont le prochain tome "World gone by" sortira aux USA au mois de Mars, ne soit pas faite pour moi...

samedi 18 octobre 2014

La Réparation - Colombe Schneck

Dans la mouvance des "Disparus" de Daniel Mendelsohn, Colombe Schneck enquête sur sa famille juive lituanienne durant la Seconde Guerre Mondiale, un intérêt qui naît chez cette écrivain lorsqu'elle est enceinte et que sa mère lui demande de nommer sa future fille Salomé, en mémoire de sa cousine assassinée enfant par les Nazis, dont elle n'a jamais entendu parler.



Colombe Schneck, dont la grand-mère Ginda est arrivée en France dans les années 20, n'a jamais vraiment su ce qu'il s'était passé pour la famille restée en Lituanie, sa grand-mère s'étant réfugiée dans le silence et la rigidité, dans lesquels elle a élevé sa fille- la mère de Colombe.

Les soeurs de Ginda, Raya et Macha, son frère Nahum, leur mère Mary, leurs maris Ulli et Max et leurs enfants Salomé et Kalman sont restés en Lituanie, où ils ont dû aller habiter dans le ghetto en 1941. En 1943, ils sont sélectionnés et envoyés en camps. Mary et les enfants seront gazés, Ulli et Max mourront en déportation.

Colombe fait le tour de la famille qui lui reste, en France, Israel et Etats-Unis pour en savoir plus. Elle découvre une histoire lourde de deuil et de tristesse, mais aussi remplie de vie et d'amour: l'amour entre les deux soeurs Raya et Macha qui leur permettra de survivre au ghetto, à la déportation, à la marche forcée, aux deuils, elles qui connaîtront des destins parallèles, chacune subissant la perte de leur mari et de leur enfant unique. L'amour retrouvé également, de façon parallèle, pour les deux sœurs, qui se remarieront juste après la guerre et qui auront d'autres enfants. Le frère, Nahum, rencontrera aussi l'amour dans le ghetto, il épousera Myriam en 1942- les conjoints se retrouveront, chacun de retour de déportation, après la guerre.
Colombe découvrira également le choix, peut-être choquant à première vue, qu'ont dû faire les soeurs Raya et Macha, mères de famille, pour pouvoir espérer survivre.

Ceux qui auront lu et aimé Les Disparus de Daniel Mendelsohn trouveront peut-être "La Réparation" de Colombe Schneck moins fouillée, moins profonde, mais la grande différence est que Colombe Schneck s’intéresse plus aux survivants, notamment à ses deux tantes qu'elle n'a pas connues personnellement, puisqu'elles sont décédées avant sa propre naissance, en 1966 (l'ayant croisée plusieurs fois, je pensais qu'elle avait dix ans de moins!), et qui ont eu la résilience de refaire leurs vies, d'avoir d'autres enfants, de s'installer dans un autre pays. Colombe Schneck évoque également les enfants de Raya et Macha nés après guerre, de leur deuxième mariage, avec des maris qui eux-mêmes ont perdu femmes et enfants, les "enfants de remplacement" qui vivent avec le poids de ces deuils, et se rendent compte qu'ils doivent la vie aux décès de ces frères et soeurs qu'ils n'ont pas connus et qu'ils imaginent forcément plus beaux et plus sages qu'eux, comme Art Spiegelman dans "Maus" ou Philippe Grimbert dans "Un Secret".

Colombe Schneck retrace dans ce court récit ses entretiens avec les différents membres de sa famille, ses interrogations, ses angoisses, son état d'esprit, elle qui se considère comme superficielle, aimant le luxe, bronzer au bord de la piscine d'un bel hôtel et qui se retrouve confrontée à toute la noirceur de l'Histoire. Quelques photos parsèment le livre, pour mettre un visage sur les protagonistes- on y voit notamment la mère de Salomé, Raya, dans le visage de laquelle on retrouve de façon furtive les traits de Colombe Schneck. C'est un récit personnel et touchant et qui malgré les faits tragiques qu'il évoque, est porteur de beaucoup d'amour. "La Réparation", ce n'est pas le chèque que sa grand-mère touche dans les années 70, ce ne sont pas les 1500 euros que Colombe Schneck reçoit en compensation d'un appartement spolié (!), mais la faculté à rebâtir sa vie et à avancer, à connaitre de nouveau l'amour et l'enfantement, malgré les horreurs et les deuils vécus, et c'est ce qui m'a le plus touché dans ce livre.

jeudi 16 octobre 2014

Heather Mallender a disparu - Robert Goddard

Après la lecture d'une bonne dizaine de romans de la rentrée littéraire, j'avais envie de faire une petite pause, et de me consacrer à des livres que j'avais envie de lire depuis un certain temps et qui m'attendaient sagement dans ma bibliothèque. "Heather Mallender a disparu" faisait partie de ceux-ci, et cela m'a fait beaucoup de bien de me remettre aux thrillers, genre que j'avais un peu délaissé ces derniers temps.

En 1988, Harry Barrett travaille à Rhodes comme gardien de la maison d'Alan Dysart, homme politique anglais qu'il connait depuis des années. Lorsqu' Heather Mallender vient passer quelques jours de vacances dans la propriété, Harry sympathise avec elle et accepte de l'emmener en excursion. Mais Heather disparait. Harry mène l'enquête, sur la base des vingt-quatre photos de la pellicule laissée derrière elle par la jeune femme, et se retrouve confronté aux affaires de la famille Mallender et au passé de son ami Alan Dysart.

Cela faisait longtemps qu'un thriller ne m'avait pas tenu autant en haleine! Dès que je posais ce roman, je n'avais qu'une hâte, le retrouver pour en connaitre la suite. Le fait de baser l'enquête sur une série de photos donne beaucoup de rythme à l'intrigue car un mystère, résolu ou non, découle sur un autre mystère, et l'esprit du lecteur n'est jamais en paix.


L'histoire en elle-même est passionnante, avec des ramifications dans le passé, notamment dans le cadre de l'université d'Oxford, ce qui donne un cachet très anglais à l'histoire. Le fait qu'une partie du récit se passe en Grèce, avec du vocabulaire grec parsemé tout le long du roman m'a également beaucoup plu, vu le temps que j'ai passé en vacances dans ce pays.



Dommage cependant que les explications soient parfois un peu trop foisonnantes, j'ai trouvé que l'intrigue aurait gagné en force si elle avait été simplifiée, le nombre de fausses pistes et surtout la multiplicité des causes des événements tragiques mettant parfois à mal la crédibilité de l'histoire.

Mais c'est un excellent thriller, original et bien mené, et un très agréable moment de lecture.


lundi 13 octobre 2014

Profanes - Jeanne Benameur

profanes
On m'avait chaudement recommandé "Profanes", roman dont je n'avais jamais entendu parler, de Jeanne Benameur, auteur que je ne connaissais pas. La très belle couverture m'a convaincue de sauter le pas, et j'ai emprunté l'ouvrage à la géniale médiathèque à côté de laquelle j'ai la change de travailler.



Et là, je suis perplexe.
-L'histoire est belle: un chirurgien à la retraite de 90 ans, Octave Lassalle, engage quatre personnes d'âges et milieux variés pour se relayer chaque jour auprès de lui, qui vit seul depuis la mort accidentelle de sa fille, alors jeune adulte, et du départ de sa femme qui s'en est suivi.  L'expérience va alors créer des liens entre les personnages, et permettre à Octave de faire la lumière sur des événements passés et mettre sa vie en ordre.
-Le roman est joliment écrit, il y a de bons sentiments sans ce que cela ne soit sirupeux, de très beaux passages, des révélations...
-Les personnages sont attachants, ils ont quasiment tous des zones d'ombre dans leur passé, et des histoires parfois un peu lourdes, mais sont touchants dans leur volonté d'aider Octave et de saisir cette opportunité pour comprendre ce qui est essentiel dans leur propre vie.
Pourtant j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce récit. J'ai reposé le livre plusieurs fois, j'ai tourné les pages sans que mon attention se fixe sur l'histoire... Je suis restée contemplative et ai vu le roman se dérouler sous mes yeux sans que je sois vraiment dedans, avec une sensation de vague ennui. Une lecture pas désagréable, mais qui m'a laissée froide et au bord de la route, sans que je comprenne vraiment pourquoi. Bref, une rencontre ratée.

Jérôme et Valérie sont restés sur leur faim. Stéphie et Laure ont quant à elles beaucoup aimé.

samedi 11 octobre 2014

La Peau de l'Ours - Joy Sorman


Attention, gros coup de cœur! J'avais déjà beaucoup apprécié "Comme une bête", le précédent livre de Joy Sorman -l'itinéraire d'un apprenti boucher- qui aurait donné envie à un végétarien de manger de la viande crue avec les mains, et j'attendais donc avec impatience la parution de ce nouveau roman, "La Peau de l'Ours".




Le narrateur est né du viol d'une jeune fille, Suzanne, par un ours brun qui l'a kidnappée et retenue prisonnière durant trois ans. Il est donc mi-ours mi-humain, et doué de raison, ce qui n'est pas perceptible à l’œil nu. Il raconte son parcours, au gré des différents achats et reventes dont il fait l'objet, que ce soit par un montreur d'ours, un organisateur de combats d'animaux, un cirque puis un zoo. 


Le récit est très beau, j'ai encore une fois été bluffée par le talent narratif de Joy Sorman, qui écrit une langue belle et pure, et trouve toujours les mots justes pour décrire atmosphères et sentiments. Elle a vraiment une très belle écriture, et le don d'écrire un récit très fluide, qui m'a vraiment portée tout au long de l'histoire.

J'ai été touchée par la vie de ce personnage mi-animal mi-humain, et au delà du narrateur, par la condition des animaux non comestibles, souvent sacrifiés sur l'autel de la fascination qu'on leur porte. Il y a beaucoup de tristesse dans ce livre, car le narrateur subit sa vie, qui lui est imposée sans qu'il sache où il va et pourquoi. Il y a aussi quelques scènes vraiment lumineuses, comme celle de la réaction du narrateur lorsqu'il est supposé combattre contre un sanglier.

C'est un vrai petit bijou, un roman à lire absolument!


Merci à Mélanie des Editions Gallimard.
challenge 1% 2014


Laure l'a également aimé passionnément.

C'est ma onzième contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson.


Et je suis ravie d'annoncer une première pépite de l'année 2014-2015 du non-challenge de Galéa. 

Pour Margotte c'est également une pépite!

 

jeudi 9 octobre 2014

Exposition "Tatoueurs, Tatoués" au Musée du Quai Branly

Affiche de l'exposition "Tatoueurs, tatoués" - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtreDimanche dernier était le premier dimanche d'Octobre, j'en ai donc profité pour visiter gratuitement l'exposition "Tatoueurs, Tatoués" au Musée du Quai Branly.

L'exposition retrace l'histoire du tatouage à travers les siècles et les continents. Si aujourd'hui, dans notre société occidentale, le tatouage s'est banalisé, il a longtemps été banni, puisqu' interdit dans le Lévitique, et un vecteur d'infamie (condamnés, déportés...) ou de revendications, que ce soit par des marginaux ou des corps de métiers particuliers tels que les marins et les militaires.






Au contraire, dans les sociétés orientales, africaines, amérindiennes ou océaniennes, le tatouage faisait partie de rites de passages, et marquait la place des individus dans leur communauté.



M'intéressant au tatouage et à son histoire, j'ai beaucoup apprécié cette exposition. Attention aux âmes sensibles, il y a certains éléments exposés qui peuvent choquer, notamment des morceaux de peau tatouée conservés depuis des siècles, qui ne sont pas très ragoutants... 

Treize morceaux de corps en silicone (bras, buste, jambe..) rythment l'exposition: ils ont été confiés à des tatoueurs célèbres, qui ont réalisé des tatouages sur ces supports spécialement pour l'exposition.

 

Dommage que l'exposition n'ait pas insisté suffisamment, à mes yeux, sur le tatouage des déportés -une seule photo présentée- mais j'ai trouvé très intéressant la présentation des tatouages à travers les continents, la signification des tatouages des prisonniers russes, et l'histoire du tatouage aux Etats-Unis: des traditions amérindiennes aux gangs latinos en passant par les phénomènes de foire et l'invention de la machine à tatouer électrique. 



L'expo est riche, bien documentée, avec quelques perles, notamment cet homme qui s'est fait tatouer l'affaire Dreyfus sur le corps! J'ai vraiment passé un excellent moment. 




Pour en savoir plus: le site de l'expo.
Jusqu'au 18 Octobre 2015 au Musée du Quai Branly, tarif: 9 euros.