mercredi 26 novembre 2014

Ce sont des choses qui arrivent - Pauline Dreyfus

"Ce sont des choses qui arrivent" de Pauline Dreyfus est le grand oublié médiatique du Prix Goncourt : on ne parlait que de "Pas Pleurer" de Lydie Salvayre - qui l'a finalement emporté - et de "Charlotte" de David Foenkinos - qui a quant à lui reçu le Renaudot et le Goncourt des Lycéens - mais pas du tout du troisième finaliste de ce prix littéraire. C'est pourtant celui-ci que j'ai lu en premier, même si je ne vais pas tarder à ouvrir les deux autres.


Natalie Saule de Sorrente, née de Lusignan, fait partie, de naissance et par mariage, des plus grandes familles aristocrates de France. Elle s'ennuie pendant la deuxième guerre mondiale, à Nice, puis de retour à Paris, auprès d'un époux avec qui elle a fait un mariage de raison, et soupire après les robes de soirée et les fêtes que la guerre a mis entre parenthèse. Une vie facile, futile, où les accrocs au contrat - "ce sont des choses qui arrivent" - n'ont pas d'importance tant que les apparences sont sauves. La mort de sa mère vient bouleverser ce savant équilibre : Natalie apprend que son père biologique n'est pas Lusignan, mais Armand Mahl... qui est Juif.

Pauline Dreyfus
Apprendre qu'on n'est pas la fille de son père peut être bouleversant, surtout dans un milieu aristocratique où l'arbre généalogique est primordial, apprendre qu'on est également à moitié Juive, et ceci en pleine occupation, alors que les Juifs sont persécutés et arrêtés, est un gros choc pour Natalie, qui se sent soudain concernée par le traitement réservé aux Juifs, et qui tente de calmer ses tourments par l'utilisation de plus en régulière de substances illicites.


En lisant ce roman, j'ai pensé à Irène Némirovsky, qui sait très bien dépeindre les milieux fortunés, la futilité, la bêtise, que j'ai pu retrouver à la lecture de "Ce sont des choses qui arrivent". J'ai trouvé la thématique de ce roman très intéressante - se découvrir des origines éloignées de celles auxquelles on est habituellement confronté, et ceci alors qu'appartenir à ce peuple est maintenant source de tous les dangers. Natalie est touchante dans sa façon d'examiner son visage ou d'aller se promener dans le Marais. Pauline Dreyfus dépeint très bien le désintérêt - voire l'approbation - du milieu auquel Natalie appartient pour la persécution d'une partie de la population. D'ailleurs, le fait que le père biologique de Natalie soit juif est une gêne pour son mari... sauf à la libération de Paris, où tout d'un coup il met ce fait en avant pour obtenir des protections, d'autant que le demi-frère de Natalie est un héros de la Résistance.

J'ai eu du mal à m'attacher à ce roman. La faute à des personnages qui ne sont ni aimables, ni intéressants - superficiels, pleutres, égocentriques et profiteurs - le mari, Jérôme, en tête. Même Natalie, qui est quand même touchante, n'a aucune conscience politique, ne pense qu'à elle, et à part bouder quand on fait une réflexion antisémite ou vouloir sortir dans la rue avec une étoile jaune sur sa robe, ne lèverait pas le petit doigt pour aider son prochain et a une attitude criminelle envers son petit garçon. Difficile d'éprouver de l'empathie pour de tels personnages, pourtant très bien incarnés. Mais c'est une belle peinture de caractères, ainsi qu'une reconstitution très vivante du Tout-Paris de 1940-1945 avec ses artistes, ses aristocrates, ses grands bourgeois. Un roman grinçant, qui appuie finement là où ça fait mal.

21e contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson 

challenge 1% 2014

lundi 24 novembre 2014

Le Retour - Robert Goddard

J'avais beaucoup aimé le thriller "Heather Mallender a disparu", de Robert Goddard, que j'avais trouvé original et agréable à lire, et je me suis donc précipitée sur "Le Retour" le nouveau roman de l'auteur.

En 1981, au mariage de sa nièce, Chris Napier est apostrophé par un vagabond : il s'agit de Nicky Lanyon, qui fut son meilleur ami d'enfance jusqu'à ce que le père de Nicky, Michael, soit accusé en 1947 du meurtre du grand-oncle de Chris, le richissime Joshua, et pendu pour ce crime. Nicky clame l'innocence de son père, alors que les preuves de sa culpabilité ne manquaient pas. Troublé, Chris décide de mener l'enquête.

Robert Goddard
Autant dire que je n'ai pas été emballée par ce roman. Pourtant tous les ingrédients étaient réunis : secrets de famille, complots, mensonges, personnes disparues, fantômes du passé..., et en général, j'aime beaucoup les romans qui reviennent sur des événements du passé, la réouverture de "cold cases". Mais peut-être y avait-il justement un peu trop d'ingrédients dans cette histoire. Il semble que de plus en plus dans les intrigues policières, la linéarité soit mal vue, et que les auteurs chargent la colonne vertébrale de l'histoire avec des intrigues et personnages secondaires qui au mieux complexifient, au pire brouillent le récit. Dans "Le Retour", même si l'histoire en elle - même est intéressante et bien traitée, il faut déjà traiter avec les nombreux membres des familles Napier, pas besoin d'en rajouter encore avec un beau-père, deux femmes mystérieuses, l'ex-épouse du deuxième meurtrier présumé, et toutes les machinations qui vont avec. 

C'est dommage, il y avait un côté saga familiale pas du tout déplaisant dans ce roman, avec le retour du grand-oncle Joshua, parti faire fortune en Amérique, qui revient multimillionnaire mais favorise le foyer de son ancienne fiancée au lieu d'aider sa propre famille,  mais je me suis essoufflée dans ma lecture. Ce n'est pas un livre qui me manquait quand je le reposais, or c'est quand même le propre d'un thriller de ne pas pouvoir être lâché, ou alors, difficilement. Je ne suis pas vaccinée des romans de Robert Goddard pour autant, l'excellent souvenir d'Heather Mallender me motive pour en découvrir d'autres de cet auteur prolifique, mais celui-là n'était pas pour moi.

Vingtième contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson. 

challenge 1% 2014

vendredi 21 novembre 2014

Le Violoniste / Rompre le silence - Mechtild Borrmann

Le violoniste - Mechtild BorrmannC'est Anne de "Mon Petit Chapitre" qui m'a donné envie de lire "Le Violoniste" puisqu'elle l'a désigné comme pépite de cette rentrée littéraire, ce qui était jusque là inédit pour un thriller...Et j'en suis ravie, car j'ai passé un excellent moment de lecture avec ce très bon polar allemand qui se déroule en grande partie en ex-URSS. 

En 1948, Ilya Grenko, célèbre violoniste, est arrêté à l'issue d'un concert, accusé d'avoir voulu passer à l'Ouest. A cette occasion, son Stradivarius, dans la famille depuis des générations, lui est confisqué. Forcé à signer des aveux, il est déporté au goulag. Sa femme Galina et leurs deux fils sont quant à eux exilés au Kazakhstan. 
En 2008, Sacha Grenko, le petit-fils du violoniste, est contacté par sa soeur, qu'il avait perdue de vue après la mort de leurs parents dans les années 90, quelques mois après qu'ils aient tous émigré du Kazakhstan en RFA. Lorsqu'elle est assassinée sous ses yeux, il décide d'enquêter sur sa mort et se retrouve confronté à son histoire familiale, dont il n'avait jusque là pas connaissance.

Dans ce roman, on ne suit pas uniquement l'enquête de Sacha pour élucider la mort de sa soeur et retrouver le violon perdu, mais on découvre également par des flash-backs les destins d'Ilya et Galina, l'un au goulag, l'autre en exil, chacun ne sachant pas ce qu'est devenu l'autre. Les récits sont durs, poignants, et je suis sortie de cette histoire bouleversée et écœurée par l'immense gâchis humain provoqué par ces arrestations et condamnations sans fondement comme il y en a eu des milliers dans l'ex-URSS, souvent basées sur la jalousie ou la volonté de nuire, et qui s'étendaient à toute la famille du "coupable", et par les conditions de vie atroces que subissaient les prisonniers ou exilés. 


Mechtild Borrmann
C'est très bien écrit, que ce soit les parties "historiques" ou l'enquête en elle-même, pleine de rebondissements, et ce roman m'a vraiment tenue en haleine jusqu'au bout. Cela fait vraiment du bien de lire un thriller bien construit et aussi intéressant. Seuls petits bémols: je n' ai pas trouvé crédible, vu le contexte, que l'assassinat de la sœur soit perpétré de façon aussi peu discrète, alors qu'un meurtre maquillé en accident aurait été beaucoup plus logique. Un autre détail, qui a une forte importance dans l'histoire, ne m'a pas non plus semblé crédible (pour ceux qui ont lu le livre: qu'une certaine personne ait pu cacher sa présence dans un certain lieu vu son rang, les conditions de son arrivée, et le fait qu'il ait été accompagné de quarante-six personnes...). Mais cela n'enlève rien au plaisir que m'a procuré ce roman.

Rompre le silenceJ'en ai donc profité pour lire le livre précédent de Mechtild Borrmann, "Rompre le Silence". Celui-ci comporte également des allers-retours entre époque contemporaine et passé, mais ici uniquement en Allemagne.

En 1998, Robert Lubisch découvre dans les affaires de son père, à la mort de celui-ci, une carte de SS au nom de Wilhelm Peters et la photographie d'une très belle femme. Se demandant quel rapport ont ces documents avec son père, il décide de mener l'enquête.

Cette fois-ci les flashbacks nous emmènent de 1938 à 1950 dans une petite ville allemande, où l'on suit un groupe d'amis d'enfance, qui ont une vingtaine d'années quand la guerre éclate. C'est écrit très finement, les personnages, comme dans "Le Violoniste" , sont très bien incarnés et surtout l'auteur évite tout manichéisme. 

J'ai également beaucoup aimé ce livre, la découverte de cette romancière allemande est décidément une excellente surprise. L'injection dans le récit d'une journaliste, Rita, donne un nouvel angle à l'enquête, qui se fait double: une dans le passé, et une actuelle. Il semble donc que Mechtild Borrmann applique le même modèle à chacun de ses romans, puisque c'était également le cas dans le "Violoniste", mais elle le fait avec un tel brio que ce n'est pas du tout dérangeant. J'ai passé un excellent moment avec ce livre, en appréciant tout particulièrement la partie "historique", que j'ai trouvée vraiment bien réussie. Encore un bémol, par contre: quand j'ai terminé le roman, j'ai fermé le livre et me suis dit "Mais pourquoi a-t-il fait cela? Ce n'est pas logique...!". Bref, il semble que j'aie systématiquement un problème avec les origines des intrigues de Mechtild Borrmann! Mais qu'importe, j'ai vraiment adoré ces deux livres, que je vous conseille vivement!

Et, puisque c'est ma 19e contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson, j'entame avec "Le Violoniste" mon 4e % !


challenge 1% 2014

mercredi 19 novembre 2014

Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive - Christophe Donner

Derrière ce titre intrigant se cache une citation d'Orson Welles au Festival de Cannes de 1968 et un roman qui parle de cinéma et notamment d'un homme flamboyant qui s'y est illustré en tant que producteur, Jean-Pierre Rassam.

Et quel formidable personnage... Une personne réelle qui vivait comme dans une œuvre de fiction: des origines exotiques, une énorme fortune à la provenance un brin mystérieuse qu'il dépense sans compter, des femmes à gogo, de la drogue, du poker, du chantage, des amis multiples et variés, une petite amie suicidée, une sœur avec qui il avait une relation fusionnelle, un père assassiné...

Christophe Donner retrace les années 60 et 70 du cinéma français, avec les débuts de ses "derniers nababs": outre Jean-Pierre Rassam, Claude Berri qui, en épousant Anne-Marie Rassam, deviendra son beau-frère, ce qui les éloignera au lieu de les rapprocher, et  Pialat qui, quant à lui a pour maîtresse Arlette Langmann la sœur de Claude Berri... Tout ce petit monde crée, s'aime, se brouille et se déteste en famille. L'auteur évoque notamment les liens extrêmement fort de Claude Berri avec ses parents, et le triomphe du "Vieil homme et l'enfant" que je me souviens avoir vu toute petite, avec ses zones d'ombre, notamment le fait que le vieux monsieur qui avait caché la famille Langmann (le vrai nom de Berri) savait parfaitement qu'ils étaient juifs et ne faisaient donc preuve d'aucun antisémitisme alors que l'oeuvre est présentée comme étant autobiographique.


Jean-Pierre Rassam
Entre coups de poker, chantages, alliances malheureuses, succès inattendus et échecs cuisants, le tout enrobé d'art, de politique et de gros sous, Christophe Donner met également en avant le métier de producteur que l'on retrouve assez peu dans les romans. Mais c'est surtout la grandeur et décadence d'un homme, Jean-Pierre Rassam, qui avait tout puis collectionnera les échecs à partir de sa tentative ratée de prendre le contrôle de Gaumont, pour finir par se suicider, ruiné. Un homme dont quasiment tous les proches se donneront la mort, que ce soit sa petite amie, sa sœur Anne-Marie, ou son neveu Julien. 


Thomas Langmann, l'affranchi
Anne-Marie Rassam

J'ai trouvé le roman de Christophe Donner passionnant, même s'il est d'une grande tristesse, puisque personne n'en sortira indemne. L'ambiance un peu folle des années 60-70 est très bien rendue, comme un soufflé qui retombera méchamment par la suite. L'écriture est fluide, les personnages évoqués très intéressants, le contexte politique, entre Moyen-Orient, Mai 68 et durcissement de l'URSS, ajoute du piquant à cette période culturellement foisonnante...J'ai découvert après coup que l'anecdote de Claude Berri et Jean-Pierre Rassam faisant sortir de Prague assiégée par les Russes les fils jumeaux de Milos Forman était inventée, dommage car c'était un de mes passages préférés du livre. Donc attention à ne pas tout prendre pour argent comptant, il s'agit bien d'une fiction, même si elle est basée à 90% sur des faits réels.

18e contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson, donc mon 3% est atteint!

challenge 1% 2014

lundi 17 novembre 2014

Price - Steve Tesich

Attention, coup de cœur! "Price" est le premier roman de Steve Tesich, publié en France plus de vingt ans après sa parution aux Etats-Unis. Ce livre n'a pas vraiment de points communs avec son second roman, Karoo, écrit près de quinze ans après, mais publié l'an dernier en France, et jamais je n'aurais deviné que c'était le même auteur qui les avait écrits tous les deux. 


Après une introduction décrivant un match de lutte qui m'a rappelé "Le monde selon Garp" de John Irving, on suit dans "Price" le héros éponyme, Daniel Price, un lycéen de 18 ans durant l'été 1961- même si l'action pourrait avoir lieu de nos jours tant les problématiques abordées sont universelles. Cet été est un tournant triste et décisif dans la vie de Daniel, sur tous les plans: il passe à deux doigts d'un avenir sportif,  il finit le lycée, mais sans avoir de projet - travail ou études, les liens avec ses deux meilleurs amis Larry et Billy commencent à se distendre, il rencontre une jeune fille, Rachel, nouvellement arrivée en ville, et son père tombe gravement malade.

Tout est divinement bien écrit dans ce livre: Steve Tesich est un excellent créateur de personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires: mère flamboyante originaire du Montenegro, jeune fille obèse amoureuse, père dont on suit la déchéance, jeune femme malheureuse qui recherche la compagnie des lycéens, ami à tendances psychopathes, aveugle fan d'opéra...
Les situations sont douloureuses, mais extrêmement bien dépeintes par l'auteur et même si le livre est un pavé, j'ai été happée par la vie de Daniel Price, ses sentiments, ses interactions, ses espoirs ruinés, et sa façon d'échapper à son quotidien malheureux par l'imaginaire et l'écriture. Tout ce qui arrivera cet été sera déterminant pour l'avenir de Daniel, un jeune héros solitaire comme je les aime. 

En fait j'ai trouvé que "Price" était aux antipodes complètes de "Et rien d'autre" de James Salter que j'ai lu récemment: une période courte et intense de la vie d'un homme, avec un personnage principal profond et complexe et des personnages secondaires extrêmement bien incarnés.

Steve Tesich
En me renseignant rapidement sur la vie de Steve Tesich, qui reçut un Oscar du meilleur scénario original en 1979 pour "La Bande des Quatre", et dont j'ai découvert qu'il était né en ex-Yougoslavie et n'était arrivé aux USA qu'à l'âge de quinze ans, j'ai vu qu'il avait mis beaucoup de lui-même dans le personnage de Daniel Price: ils partagent les mêmes origines, ont été lutteurs, ont passé tous deux leur adolescence à l'Est de Chicago, et ont tous deux un père atteint d'un cancer lorsqu'ils avaient dix-huit ans.

C'est un très beau roman, une excellente surprise de cette rentrée littéraire que j'ai vraiment envie de faire découvrir autour de moi... j'en fais donc ma deuxième pépite pour le challenge de Galéa!

Laure aime beaucoup également.

Dix-septième contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson.

          challenge 1% 2014     

samedi 15 novembre 2014

La femme aux fleurs de papier, Donato Carrisi

J'ai beaucoup aimé les deux thrillers de Donato Carrisi que j'ai lus, "Le chuchoteur" et "L'écorchée", et me suis donc précipitée sur sa nouvelle parution, "La femme aux fleurs de papier".

Ne vous attendez pas à un roman sur la même lignée que les précédents, celui-ci est très différent, et je n'y ai pas du tout reconnu le style de Carrisi, même s'il y a quand même des interrogations et du suspense.

En 1912, un homme fume le cigare sur le pont du Titanic en train de sombrer. Quatre ans plus tard, en pleine Première Guerre Mondiale, dans les tranchées du Mont Fumo, le médecin autrichien Jacob Roumann a une nuit pour interroger un prisonnier italien afin de connaitre son identité. Celui-ci va lui raconter une histoire qui répondra à ces trois questions : "Qui suis-je ? Qui est Guzman ? Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic ? »




Clairement j'ai eu du mal à accrocher à ce récit, par ailleurs plutôt bien écrit. L'histoire est bien contée, et cela se lit vite et de façon agréable, mais je ne suis pas rentrée dedans. Il y a de très bonnes idées (la femme abandonnée par son mari qui le suit de continents en continents; la jeune fille qui se mariera avec celui qui devinera son nom ; l'amoureuse qui dépose des fleurs de papier dans les poches de la blouse de celui qu'elle aime ; l'énigme du Titanic...) mais à trop vouloir en faire tenir dans un livre relativement court, cela frôle l'indigestion, et donne un roman pas déplaisant mais bancal, une sorte de sous-Zafon. 

Dommage, j'étais curieuse de lire Donato Carrisi dans un autre domaine que celui qui l'a fait connaitre, mais je dois avouer que je le préfère dans le registre thrillers.

Bianca a par contre beaucoup aimé

Seizième contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson
challenge 1% 2014           Challenge Europe

Et 4/28 pour le Challenge Union Européenne catégorie: Italie.

jeudi 13 novembre 2014

Comme une bête, Joy Sorman

Lire "La peau de l'ours" et tellement adorer que 
j'en ai fait ma première et unique pépite à ce jour du Challenge de Galéa m'a donné envie de relire le précédent roman de Joy Sorman, "Comme une bête", lu à sa sortie, donc avant que j'ouvre le blog, et que j'avais beaucoup aimé.

Et je suis ravie de dire que j'aime toujours énormément! Un peu comme Maylis de Kerangal qui écrit sur des constructions de pont ou des transplantations cardiaques, Joy Sorman choisit des sujets improbables, ici la boucherie, et les traite divinement bien, avec un effort particulier sur le style et les 
descriptions

Joy Sorman
On suit dans "Comme une bête" le parcours de Pim sur plusieurs années, de ses débuts en apprenti boucher jusqu'à son établissement en tant que propriétaire d'une boucherie à Paris. Travail de la viande, visite des abattoirs, stage dans une ferme, gérance d'une boucherie...Pim passe par toutes les étapes de la chaîne qui transforme une vache en pièce de viande prête à être vendue au client. Le jeune boucher n'est bien sûr pas des plus normaux, lui qui se tatoue une côte de bœuf sur le corps, communique avec vaches et porcs, et a un amour charnel pour la viande. Et il ira jusqu'au bout de cette passion unique dont il a fait un métier...

Même si à la relecture, j'ai trouvé le style un peu moins abouti que dans "La peau de l'ours", j'ai adoré ce livre de la première à la dernière page. J'ai été épatée par le don de Joy Sorman à me passionner pour un sujet qui a priori ne m'intéresse pas particulièrement. Que ce soit les morceaux de viande, l'atmosphère de l'abattoir, la précision du travail du boucher, ou les relations de Pim, que ce soit avec les animaux ou avec ses petites amies, tout est magnifiquement rendu grâce à une maîtrise impeccable de la langue.

C'est une vraie réussite, et c'est le genre de roman qui donnerait envie à un végétarien de manger un bon gros steak!