vendredi 31 octobre 2014

Dernières Nouvelles du Martin-Pêcheur - Bernard Chambaz

J'avais découvert Bernard Chambaz en regardant "La Grande Librairie", et son passage dans l'émission m'avait vraiment donné envie de lire son dernier roman "Dernières nouvelles du martin-pêcheur". Un récent billet de Fleur m'a donné le petit coup de pouce pour sortir de ma PAL ce livre qui me faisait tant envie.

Bernard Chambaz et sa femme Anne ont perdu en 1992 leur fils Martin, âgé de 19 ans. En 2011, ils entreprennent une traversée des Etats-Unis d'Est en Ouest, lui à vélo, elle en voiture. "Dernières nouvelles du Martin-Pêcheur" est le récit de ce voyage, où Martin n'est jamais loin. Bernard Chambaz a une fascination pour le martin-pêcheur, dont le nom rappelle celui de son fils, et c'est un fil conducteur de ce livre.

L'auteur raconte la route, les souvenirs qui lui sont liés-il avait réalisé cette traversée en voiture et en famille du temps où ils étaient encore cinq à la maison. Il raconte également les rencontres avec des personnes qu'il croise au gré des villes, mais aussi la vie de personnages célèbres de l'Histoire américaine, Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt, ou encore Charles Lindbergh. Ces personnages ont tous un point commun: ils ont vécu la mort d'un ou de plusieurs enfants. J'ai été particulièrement touchée par Anne Morrow Lindbergh, dont je n'avais jamais entendu parler: j'ai une très mauvaise image de l'aviateur, dépeint en président antisémite dans "Le Complot contre l'Amérique" de Philip Roth, et j'ai découvert un beau portrait de son épouse, écrivain de talent, et aviatrice, qui vola enceinte de sept mois, et fut la première Américaine à obtenir une licence de pilote. 

Un fait qui était relevé par François Busnel à La Grande Librairie était que la mythologie greco-latine est omni-présente aux Etats-Unis, pays que l'on perçoit souvent de France comme peu cultivé. Devises, noms de villes, références dans la littérature classique, c'est vraiment un axe très intéressant de ce livre.

L'auteur, Bernard Chambaz

Le deuil est omniprésent dans "Dernières nouvelles du martin-pêcheur", mais si j'ai eu du mal avec les passages où Bernard et Anne Chambaz ont des visions de Martin adulte, je n'ai trouvé aucun pathos dans ce livre. Bernard Chambaz a une écriture pudique et sincère, où j'ai senti beaucoup d'amour pour son épouse Anne qui l'accompagne dans cette traversée et de qui il semble très proche. D'ailleurs, de la façon dont il en parle, je l'imaginais comme une jeune femme, alors qu'elle est grand-mère et doit avoir la soixantaine!  Il y a des passages bouleversants, notamment celui où Bernard Chambaz raconte qu'Anne a appris le décès de leur fils alors que lui-même était parti faire un tour à vélo, et qu'elle a passé trois heures, seule à savoir et à devoir faire face, à devoir l'attendre pour lui annoncer que leur fils était mort. J'ai été également très touchée par le fait que la question la plus difficile pour eux est qu'on leur demande combien ils ont d'enfants.

J'ai ressenti parfois des petites baisses de rythme dans le récit, un peu comme lorsqu'on est sur un vélo, mais c'est dans l'ensemble un beau livre, qui donne envie de retourner aux USA, et de découvrir les Etats-Unis sur les petites routes, à la rencontre de l'histoire de ce pays. C'est aussi un très beau portrait en filigrane d'un jeune homme qui n'est plus là, et de ceux qui restent et ne l'oublient pas.

mercredi 29 octobre 2014

La Beauté du Diable - Radhika Jha

"La beauté du Diable" est un roman que j'ai découvert en lisant l'article enthousiaste de Jérôme, et comme c'est un tentateur hors pair, je me suis empressée d'aller emprunter à la médiathèque.
Si l'auteur- que je ne connaissais pas - est indienne, le récit se passe à Tokyo. Kayo raconte sa vie: jeune fille à la poitrine avantageuse, elle a épousé dès sa sortie du lycée Ryu, un cadre de banque prometteur. Elle aurait pu se contenter de mener une vie rangée de desperate housewife, mais ses retrouvailles avec Tomoko, sa meilleure amie de lycée, lui font découvrir le pouvoir des vêtements de luxe: Kayo devient une acharnée du shopping, mais son consumérisme l’entraîne sur la pente du surendettement, puis de la prostitution...

Difficile de ne pas penser à "Confessions d'une accro du shopping" de Sophie Kinsella en lisant le début de "La Beauté du Diable"... Mais là où Becky Bloomwood se sortait d'une situation difficile grâce à son ingéniosité et à l'appui de son fiancé et de ses meilleures amies, Kayo expérimente le revers très sombre de la médaille. Le récit se lit vite et bien, et est intéressant au niveau socio-culturel: Radhika Jha dépeint une société où les Japonais sont extrêmement seuls - Kayo ne travaille pas, n'a aucun ami proche, son mari passe la grande majorité de son temps au bureau, sa mère ne fait plus partie de sa vie - et soumis au qu'en dira-t-on: l'apparence compte énormément, les voisins s'épient mutuellement.

Radhika Jha
Mais malgré quelques passages très intéressants, notamment sur la notion du "bonheurisme" (le culte du bonheur et de la consommation, introduit par les Américains en 1945), j'ai trouvé ce roman pas très bien écrit, et assez superficiel- attention, pas superficiel parce qu'il parle de vêtements, mais parce que tout m'a semblé survolé, des sentiments de Kayo aux grandes étapes de sa vie. La faute peut-être à un récit qui s'étire sur vingt ans de la vie de l'héroïne, alors qu'il aurait sans doute gagné en force s'il avait été concentré sur quelques années. La fin m'a déçue, je l'ai trouvée bâclée, et mal amenée, comme si l'auteur se rappelait in extremis qu'elle avait décidé d'écrire un drame et non un roman de chick lit à l'épilogue souriant. 
challenge 1% 2014
Dommage car le sujet est très intéressant, et le roman, agréable à lire, mais j'ai trouvé qu'il manquait d'intensité et de profondeur. 

Et une douzième contribution au Challenge 1% rentrée littéraire 2014 organisé par Hérisson: 2% atteint! 

lundi 27 octobre 2014

Sagan 1954 - Anne Berest

Après avoir lu - et beaucoup aimé - "Bonjour Tristesse", le hasard a fait que je suis tombée quelques jours après sur un exemplaire de "Sagan 1954" d'Anne Berest.

Comme le titre l'indique, le roman retrace quelques mois de la vie de Sagan en 1954 à partir du moment où elle dépose son premier tapuscrit dans trois maisons d'édition jusqu'à la sortie du livre et son énorme succès. C'est Denis Westhoff, le fils de Sagan, qui a contacté Anne Berest pour lui proposer de rédiger un livre sur sa mère à l'occasion des 60 ans de la parution de "Bonjour Tristesse". L'auteur n'échappe pas à la mode actuelle, qui est de raccrocher sa propre vie à celle d'une personne célèbre, et entremêle cette mini-biographie de Sagan, avec ses recherches et sa vie personnelle, alors qu'elle est en plein divorce,  livrant "une forme bizarre, entre roman, biographie et autofiction."

Je ne suis pas fan de ce genre de mélange, mais le personnage de Sagan jeune fille est tellement intéressant, tellement hors-norme dans son ultra-modernité pour l'époque, comme pour maintenant, que je suis passée outre mes réserves pour dévorer ce roman. Ce n'est pas vraiment une biographie, plutôt une tranche de vie de quelques mois en 1954 même si Anne Berest retrace l'atmosphère familiale, les relations de Sagan avec sa maison d'éditions, et son amitié avec Florence Malraux, que l'auteur a rencontrée pour l'occasion.

C'est un livre court, et je suis un peu restée sur ma fin, désirant en savoir encore plus sur cette jeune fille aventureuse, moderne, talentueuse, voulant croquer la vie à pleines dents- Anne Berest montre très bien à quel point cette jeune fille bourgeoise, issue d'une famille moderne et fantasque, fut un détonateur dans cette période pré-mai 68 où il n'y avait pas encore d'adolescents, où on passait directement de l'enfance à l'âge adulte, et souligne également l'influence parallèle de Bardot, toutes les deux accédant à la célébrité en même temps et au même âge, et provoquant une rupture avec les codes de la société d'alors. Je me moque de la vie privée et amoureuse d'Anne Berest, mais son exemple montre bien à quoi point Françoise Sagan est encore aujourd'hui un symbole de volonté et de liberté, qui pousse à aller de l'avant, et à quel point elle est toujours un objet de fascination.

Anne Berest
Il y a de jolis passages sur l'écriture, notamment celui-ci:
Mais faire lire son manuscrit à ses proches est une chose tout à fait différente et aussi désagréable que de les voir ouvrir la porte de votre salle de bains tandis que vous êtes nue sous la douche. Tout le monde est embarrassé, on est bien obligés de faire comme si rien de tout cela n’était jamais arrivé, de ne pas en parler sauf brièvement avec un sourire contrit – et puis on essaye de ne plus y penser. Le cas contraire me semble rare, car celui qui écrit un livre qui enchante ses parents peut, c’est mon avis, se poser des questions sur la pertinence de son oeuvre.

Les fans de Sagan préféreront sans doute lire une biographie complète sur l'écrivain, mais j'ai passé un excellent moment avec ce petit livre non dénué de défauts mais très agréable à lire et qui donne une image de Sagan vivante et pétillante, toujours très actuelle.

samedi 25 octobre 2014

Le Legs d'Adam - Astrid Rosenfeld

Je m'aperçois de plus en plus que je ne lis quasiment que de la littérature française ou anglo-saxonne, donc un roman allemand était le bienvenu!

"Le Legs d'Adam" s'articule entre la période contemporaine et celle de la Seconde Guerre Mondiale. Edward Cohen vit à Berlin et grandit auprès de sa mère fantasque, et de ses grands-parents. Il est la copie conforme de son grand-oncle Adam, le frère de son grand-père, considéré comme la brebis galeuse de la famille pour avoir involontairement provoqué la mort de sa propre grand-mère durant la guerre, restée en Allemagne pour lui alors qu'elle aurait pu s'enfuir en Angleterre. En 2004, Edward, désormais un jeune adulte reçoit un manuscrit écrit par Adam pendant la guerre: celui-ci, fou d'amour pour Anna, une jeune fille de son âge, fut prêt à tout pour la retrouver, de se faire passer pour un soldat allemand à se faire enfermer volontairement dans le ghetto de Varsovie.

"Le Legs d'Adam" est très bien écrit, d'une belle écriture qui tient en haleine. J'ai aimé les deux parties, celle concernant Edward et sa vie enfant avec sa mère et son beau-père, sosie d'Elvis est très réussie et celle concernant Adam pendant la guerre est pleine de rebondissements, avec notamment un portrait très réjouissant de la grand-mère Edda, à la très forte personnalité.

Astrid Rosenfeld
Dommage que quelques bémols soient venus tempérer mon enthousiasme: je n'ai pas trouvé les deux histoires, celle d'Edward et celle d'Adam, assez liées dans le récit, et ai eu l'impression de lire deux romans - tout deux très bons - en un. Le parallèle vient bien sûr du lien familial entre les deux protagonistes et de leur ressemblance frappante, mais comparer l'amour exceptionnel d'Adam pour Anna avec les amourettes d'Edward n'est pas très probant. L'histoire d'Adam est extrêmement bien écrite et intéressante, mais elle est tellement rocambolesque, entre changements d'identité et enfermement volontaire dans le ghetto de Varsovie, que je n'arrivais pas du tout à y croire, et ce manque de crédibilité - même si à période exceptionnelle, événements exceptionnels et il y a de nombreux épisodes véridiques de la Seconde Guerre Mondiale que l'on trouverait complètement farfelus si c'était de la fiction - a nui à mon plaisir de lecture.

C'est cependant un livre inventif, très bien écrit, avec des personnages attachants, et très agréable à lire.

Et 3/28 pour le Challenge "L'Union Européenne en 28 livres", catégorie: Allemagne.

Challenge Europe


jeudi 23 octobre 2014

"Tu vas t'abîmer les yeux!" a un an!

Et oui, "Tu vas t'abîmer les yeux!" a un an aujourd'hui!


                                            


Très honnêtement, quand j'ai lancé ce blog le 23 Octobre 2013, je ne savais pas du tout si c'était le début d'une belle aventure ou si j'allais juste publier quelques petits billets avant de passer à autre chose (je suis un peu dilettante sur les bords...)



Et finalement, 152 billets plus tard, je suis toujours aussi heureuse d'être là et d'avoir la possibilité de pouvoir partager ma passion des livres avec vous.


Il s'en est passé des choses en une année: le Prix ELLE, bien sûr, sans lequel je n'aurais sans doute pas découvert la blogsphère, la rencontre - virtuelle ou "dans la vie réelle"- avec blogueuses et blogueurs, le podcast Bibliomaniacs, une virée à Nice, une autre en Normandie qui se prépare, le Prix ELLE Cinéma, un SWAP des plus réussis, un Salon du Livre, une rentrée littéraire, des dédicaces...et un Prix Nobel de Littérature!

Beaucoup de bons livres, des déceptions, des découvertes, d'heureuses surprises - sans oublier les expos et les films, qui enrichissent également ma vie...


Merci beaucoup à vous qui me lisez, qui commentez (ou non), qui m'encouragez. Et à ceux qui ont le courage d'écrire des livres, de les donner à lire, et de les publier.

Et merci également à ceux qui ne me lisent pas forcément, mais qui rendent possible ce blog au quotidien!



Pour finir, le cadeau bonus: 10 livres qui ont marqué la bibliovore que je suis!







Et pour fêter le 1er anniversaire du blog, ouverture de la page FB:
www.facebook.com/tu.vas.t.abimer.les.yeux



mardi 21 octobre 2014

Bonjour Tristesse - Françoise Sagan

"Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse" : c'est l'un des incipits les plus connus de la littérature française contemporaine. "Bonjour Tristesse" est le premier roman de Françoise Sagan, écrit et publié lorsque l'auteur n'avait que 18 ans, en 1954, il y a 60 ans.

Cécile, âgée de 17 ans, passe l'été en compagnie de son père, veuf de longue date et la petite amie de celui-ci, beaucoup plus jeune que lui, Elsa. Le trio mène une vie facile, oisive et mondaine, sans contraintes. Lorsqu' Anne, une amie de la famille, du même âge que le père,  intelligente, cultivée, et avec des principes, les rejoint, les vacances sont bouleversées: Raymond tombe amoureux d'elle et quitte Elsa. Adieu superficialité et farniente, Anne veut mettre la famille dans le droit chemin, s'oppose à la liaison entre Cécile et son petit ami Cyril, et force l'adolescente à préparer son baccalauréat. Partagée entre la peur de voir son monde s'effondrer et l'admiration qu'elle porte à Anne, Cécile décide finalement de manigancer pour que son père et elle retrouvent leur liberté.

Il est assez incroyable de penser que ce roman a 60 ans, tant je l'ai trouvé moderne, dans la forme comme dans le contenu. La problématique des familles recomposées, avec l'irruption d'un "corps étranger" qui peut perturber le mécanisme bien établi de la cellule familiale est très actuelle, tout comme la dichotomie entre le monde adulescent dans lequel vivent Cécile et son père, sans horaires ni contraintes, dans un contexte hédoniste, et le monde adulte d'Anne, où l'on a des responsabilités, un travail, des principes, un positionnement selon son âge. Car l'incursion d'Anne, qui a une quarantaine d'années, renvoie le père et la fille à leur âge réel: Raymond à ses responsabilités de père et aux engagements adultes, notamment le mariage, Cécile à sa vie de jeune fille, avec l'obligation de respecter les décisions des adultes, de ne pas voir qui elle veut, d'étudier, au lieu d'être traitée comme une égale par son père qui n'a pas d'ambition pour elle et lui fait vivre exactement la même vie que lui, l'habillant comme une femme et l'entraînant dans ses soirées.

Françoise Sagan
J'ai trouvé très intéressant le personnage de Cécile, absolument pas manichéen. Elle fluctue de jour en jour, voire d'heures en heures, entre la volonté de se débarrasser de l'intruse qui perturbe son quotidien et son avenir, et l'admiration qu'elle porte à Anne, belle femme élégante, à la silhouette impeccable, intelligente, cultivée, ayant une carrière admirable. Elle est également reconnaissante à Anne de s'être occupée d'elle à sa sortie du couvent, et entrevoit la jeune femme accomplie qu'elle pourrait devenir si Anne prenait les rênes du foyer et de son existence. Mais elle supporte mal qu'Anne mette en lumière la superficialité de leur vie et méprise leurs fréquentations et passe-temps, et surtout qu'elle veuille changer leur vie, alors qu'aux yeux de Cécile cela n'a rien d'indispensable: elle n'a pas besoin de travailler pour avoir de l'argent, elle n'a pas d'ambition scolaire et professionnelle, et son père n'en a pas non plus pour elle, il estime qu'elle trouvera bien un mari fortuné pour l'entretenir si besoin.

Le roman est court, facile à lire, Cécile est attachante dans ses interrogations, ses analyses, même si la situation lui échappe. Cet été est une parenthèse dans sa vie, qui la marquera à tout jamais, en introduisant la tristesse dans son existence.

J'ai écouté ce livre, très bien lu par Sara Giraudeau, qui donne vraiment vie au récit et au personnage de Cécile avec une voix sucrée, détachée et un rien perverse.
Vous pourrez retrouver les avis des Bibliomaniacs ici à partir de début Novembre. 


A noter que vous pouvez désormais retrouver "Tu vas t'abimer les yeux" sur Facebook, c'est ici!

(Photo de Benoit Peverelli, issue d'une série mode de Madame Figaro, réalisée par Delphine Perroy)

lundi 20 octobre 2014

Ils vivent la nuit - Dennis Lehane

Dennis Lehane est un écrivain que j'apprécie, que ce soit pour sa série policière Kenzie-Gennaro, notamment "Gone Baby Gone" ou pour ses autres romans, comme "Mystic River" ou "Shutter Island", qui ont d'ailleurs été adaptés au cinéma. 
"Ils vivent la nuit" est son livre le plus récemment publié en France, son dernier "Quand vient la nuit" n'étant pas encore traduit en français malgré la sortie, le 12 Novembre prochain, de son adaptation cinématographique. 

"Ils vivent la nuit" retrace le parcours dans la mafia de Joe Coughlin, fils de commissaire, durant la Prohibition, de Boston à Cuba, en passant par Miami, à l'extérieur comme au pénitencier. Faits d'arme, amitiés, patronage, trahison, vengeance, et deux grandes histoires d'amour.

Je dois avouer que j'ai été déçue par ce roman. Certes l'histoire est rondement menée, mais j'y ai trouvé de nombreux clichés: le fils de commissaire qui devient mafieux, la femme fatale qui joue sur plusieurs tableaux, la fille perdue qui devient prêcheuse...j'avais même deviné la fin,  similaire à celle d'un beau film des années 90 avec Brad Pitt. Les multiples rebondissements entre associations de malfaiteurs, trahisons, vengeances m'ont lassée et je dois dire que j'ai lu quelques dizaines de pages en diagonale.

Dennis Lehane
Je suis sûre que ce roman fera l'objet d'une superbe adaptation cinématographique, entre les rues sombres et tortueuses de Boston et ses mafieux aux accents irlandais et italien, et le soleil de Miami et de Cuba. Mais je ne garderai pas un souvenir pérenne de ce livre, et je vais préférer relire la série Kenzie-Gennaro.

A noter qu' "Ils vivent la nuit" fait suite à "Un pays à l'aube", dont l'un des protagonistes principaux est Danny Coughlin, frère aîné de Joe, que l'on retrouve brièvement dans ce deuxième tome.  Pour être honnête, je n'ai quasi aucun souvenir d'"Un pays à l'aube" que j'ai lu il y a quelques années...Il semblerait que cette nouvelle série, dont le prochain tome "World gone by" sortira aux USA au mois de Mars, ne soit pas faite pour moi...