mardi 22 juillet 2014

Némésis - Philip Roth

Philip Roth est un auteur que je lis depuis près de vingt-ans (oui, pour ceux qui me connaissent, j'ai commencé à lire du Philip Roth à dix ans...no comment), mais je n'avais pas encore pris le temps de lire "Némésis", tout comme "Indignation", alors que le résumé me faisait baver d'envie.


J'associe souvent Philip Roth à Woody Allen, car tout comme lui, il a longtemps produit des œuvres très distinctives pour maintenant publier des livres toujours aussi bien écrits, mais qui ne présentent plus forcément des critères aussi marqués, notamment sur le plan de la provocation et de la sexualité. D'ailleurs, pour les lecteurs qui n'auraient jamais encore lu des romans de Philip Roth, celui-ci n'est pas vraiment représentatif de l'oeuvre de cet écrivain.

"Nemesis" comme la plupart des livres de Philip Roth se passe dans la communauté juive de la ville de Newark, avec la majorité des personnages ayant l'âge qu'avait Philip Roth, né en 1933, à cette époque. En effet, nous sommes à l'été 1944, et Bucky Cantor, le directeur du terrain de jeu, s'occupe d'enfants d'une dizaine d'années. Bucky n'a pas été incorporé car il souffre d'une très mauvaise vue, mais c'est un jeune homme de vingt-trois ans en pleine santé, et au corps d'athlète. Il possède également un grand sens du devoir. Cet été 1944 est très chaud, et bientôt des cas de polio se déclarent. Bucky, dont les deux meilleurs amis sont en train de se battre contre les Nazis, doit faire face à la mort de deux de ses élèves et à l'infirmité de dizaine d'autres. Lorsque sa petite amie Marcia lui propose de la rejoindre comme moniteur dans un camp de vacances, au grand air pur et loin du foyer infectieux, il n'hésite pas longtemps. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu pour le pauvre Bucky...

Un vaccin ayant été développé en 1955, la peur panique de la polio a disparu depuis, et la génération à laquelle j'appartiens est peu familiarisée avec cette maladie aux conséquences abominables.
Philip Roth traduit très bien l'impuissance d'une communauté qui ne sait pas comment la maladie se transmet, comment l'éviter, et qui ne peut que constater ses ravages, et ses impacts aléatoires sur les enfants: tout peut rentrer dans l'ordre en quelques semaines, ou bien provoquer de très sérieuses infirmités, voire la mort, qu'elle soit lente ou rapide. L'inconnu est donc partout, et laisse la part belle aux rumeurs et à la culpabilité. 

Car c'est un conte bien cruel que nous livre Philip Roth: une déchéance physique, sociale, familiale. Il y a d'ailleurs une réflexion intéressante sur l'ironie du sort, le rôle de Dieu, la culpabilité et la résilience. "Némésis" est une sorte de fable talmudique, et Bucky Cantor une sorte de Larry Gopnik dans "A serious man" des frères Coen. 

"Némésis" est un roman court, de facture plus accessible et classique que la plupart des livres de Philip Roth, mais qui appelle à la réflexion. Une belle réussite littéraire.

dimanche 20 juillet 2014

Un avion sans elle- Michel Bussi

Je n'avais jamais entendu parler de Michel Bussi avant un certain article du Nouvel Observateur très méprisant envers les lectrices de cet écrivain, article d'ailleurs démonté avec brio par ma chère Galea.
C'est là que je me suis aperçue que Michel Bussi était un des auteurs les plus lus en France, et que je n'avais jamais lu aucun de ses ouvrages... 


"Un avion sans elle", jeu de mots sur le titre de la chanson de CharlElie Couture, commence par une catastrophe aérienne: un avion Istanbul-Paris s'écrase...on ne retrouve aucun survivant sauf un bébé de quelques mois...Le problème est qu'il y avait deux bébés dans l'avion donc qui a survécu? Lyse-Rose de Carville ou Emilie Vitral? Nous sommes en 1980, il n'y a pas encore de tests ADN pour répondre à cette question, qui reste ouverte dix-huit après, alors que la survivante est maintenant majeure, malgré l'enquête au long cours du détective Crédule Grand-Duc.

Rien à dire au niveau de l'imagination, Michel Bussi a réussi à ficeler une intrigue aux petits oignons, qui m'a tenue en haleine tout au long du récit. Je doute fort que quiconque ait deviné le dénouement, tant il est inattendu.

Je n'ai néanmoins pas trouvé ce livre très bien écrit, avec un style qui ne donne pas assez de profondeur au récit, et ai eu du mal à m'attacher aux personnages, et à m'intéresser aux intrigues secondaires du roman. J'ai par exemple trouvé caricatural le personnage de Malvina, la grande soeur de Lyse-Rose, et j'ai toujours du mal avec les noms amélienothombesques comme "Crédule Grand-Duc" alors que le personnage nébuleux du détective est plutôt bien bâti.

Malgré ces réticences, cela reste une lecture facile et agréable, parfaite pour l'été, et pour moi qui ai lu beaucoup de romans policiers dans ma vie, cela fait vraiment du bien d'être surpris par le dénouement d'une intrigue. Je pense d'ailleurs lire "Nymphéas Noirs" et "Ne lâche pas ma main" pour me forger une opinion plus développée sur cet auteur.


mercredi 16 juillet 2014

Ma PAL de l'été 2014


L'été et le soleil ont toujours augmenté ma bibliophagie légendaire, et le fait de m'être récemment inscrite à un réseau de médiathèques très bien fournies à deux pas de mon travail n'a rien arrangé... En plus de mes récents achats, il y a donc des milliers d'ouvrages qui me murmurent "Emprunte-moi!" dès que je passe devant les rayonnages...

Voici la *petite* sélection qui s'empile donc sous mon bureau, et que j'ai très envie de lire avant la fin du mois de Septembre:





karoo


Certains sont des coups de cœur de blogueurs amis qui se reconnaîtront (Profanes, Karoo, Plonger, les Spellman, Au revoir là-haut...), d'autres sont écrits par des auteurs que je suis depuis longtemps (Lehane, Roth, Läckberg...)...Vous retrouverez mon avis sur certains romans en version audio, d'autres ont été choisis par pure curiosité...
Et comme je suis toujours preneuse de bons conseils... n'hésitez pas si vous pensez qu'un ou des livres manquent cruellement à cette sélection!
                

dimanche 13 juillet 2014

Mauvais Genre- Chloé Cruchaudet

Paul et Louise viennent de se marier lorsque Paul est envoyé à la guerre de 14-18. Il découvre l'horreur dans les tranchées. Traumatisé par la mort d'un camarade, il se mutile pour quitter le front. Pour ne pas y être renvoyé, il déserte et retrouve sa femme.
Celle-ci le cache, mais las de vivre cloîtré, il trouve une astuce pour pouvoir sortir se promener : se déguiser en femme. 
Devenu Suzanne, il retrouve la liberté et un travail, découvre sa part de féminité... mais également le libertinage dans le bois de Boulogne, y entraînant sa femme. 


Entre échangisme, bisexualité, confusion des genres, travestissement, violence conjugale, "Mauvais genre" raconte une vie de couple hors norme durant une dizaine d'années. Ce qui était au début un déguisement devient une nouvelle personnalité pour Paul, qui se réalise en Suzanne, et découvre de nouvelles facettes de sa sexualité. Louise, par amour et devoir, est entraînée dans la nouvelle vie de son mari, mais espère qu'un jour la situation reviendra à la normale. Mais Paul peut-il laisser derrière lui les années vécues en Suzanne?

Cette bande dessinée, inspirée d'une histoire vraie, explore des thèmes inhabituels, et n'hésite pas à évoquer de façon crue, sans être vulgaire, l'horreur de la guerre ou la sexualité de Paul et Louise, au travers de dessins en noir, blanc et rouge.


Je pense que certaines personnes pourront se sentir gênées par la crudité des dessins et des paroles et par les thèmes abordés. Cela n'a pas été mon cas et j'ai beaucoup apprécié cette bande dessinée, originale par le sujet et le traitement, et vraiment marquante. Une belle découverte.

vendredi 11 juillet 2014

Mon centième billet: Samuel Tillerman- Cynthia Voigt

Pour mon centième billet, j'ai décidé de vous présenter un livre jeunesse qui a été pour moi un énorme coup de cœur.

Qu'il est bon de relire un livre qui vous a fortement marqué quand vous aviez dix ans, et vingt ans après ressentir exactement le même plaisir !

                                                     

Samuel Tillerman est un livre "pour enfants" -il est publié chez Castor Poche- mais pourrait sans problème sortir dans une maison d'édition pour adulte. C'est un des huit romans du cycle des "Enfants Tillerman" de Cynthia Voigt, tous formidables, et qui a une place particulière dans la série, puisque ce récit précède les autres de près de quinze ans.
Comme tous les livres de Cynthia Voigt, il est admirablement bien écrit, avec une plume sensible et des personnages extrêmement bien incarnés.


En 1967, dans un contexte de guerre au Vietnam et de tensions raciales, Samuel Tillerman, dit Cougar, est un lycéen américain solitaire et taciturne. Son frère et sa sœur se sont enfuis de la maison, le premier grâce à une bourse d'université, la deuxième avec son petit ami, et il se retrouve seul avec un père tyrannique et une mère qui ne donnera jamais tort à son mari. Son seul plaisir est de courir, quinze kilomètres tous les soirs- il est d'ailleurs champion d'état de cross-country. Ni rejeté ni vraiment accepté par ses camarades, il aime la solitude, et la recherche. La seule personne dont il est proche est Patrice, un pêcheur français pour qui il travaille les soirs et week ends. L'arrivée au lycée de Tamer Ships, un jeune homme noir qui souhaite faire du cross country, va provoquer une onde de choc, dans l'établissement scolaire comme dans la vie de Samuel.

La grande force de Cynthia Voigt est d'arriver à rendre attachant un jeune homme qui au premier abord ne semble pas vraiment sympathique. Samuel ne cherche pas à se lier aux autres, est bourré de préjugés racistes, parle très peu- l'intérêt du récit réside d'ailleurs beaucoup dans les pensées de Samuel auxquelles on a accès puisqu'il répond plus dans sa tête qu'à l'oral. Pourtant, comme le souligne la traductrice dans la préface, si Samuel est exigeant avec les autres, il l'est également avec lui-même. C'est un jeune homme de principes, qui est plutôt contemplatif au lycée, mais n'hésite pas à intervenir lorsque la situation dégénère, même si ses idées ne sont pas forcément très éloignées de celles des assaillants. Il y a également de très belles pages sur le plaisir solitaire de la course, et les diverses atmosphères-les entraînements, la vie à la maison, la vie au lycée, sont très bien rendues par Cynthia Voigt.

Même si "Samuel Tillerman" n'est pas foncièrement un roman triste, il est empli d'une douce tristesse: tristesse d'un foyer que les enfants ont déserté, tristesse d'une période où l'avenir des jeunes hommes est de partir au Vietnam. Mais c'est aussi un livre sur la capacité d'une jeune homme à changer, à s'ouvrir, à aider.

"Samuel Tillerman" est un beau roman, sensible et marquant, qui résiste au passage du temps.

C'est ma contribution au challenge de Miss Leo "Le Mélange des Genres" dans la catégorie roman jeunesse.


mercredi 9 juillet 2014

Jurée au Grand Prix Cinéma ELLE 2014

La fin du Grand Prix ELLE 2014 étant arrivée, il me fallait un nouveau défi à relever. Sur une suggestion de Laure, mon amie co-jurée et co-podcasteuse de Bibliomaniacs, j'ai donc postulé pour être jurée de la quatrième édition du Grand Prix Cinéma ELLE, en envoyant une critique de "Her" de Spike Jonze.


En 2011, lors de la première édition, c'est Maiwenn qui avait été lauréate pour son excellent film "Polisse". L'année suivante, c'est Thomas Vinterberg pour "La Chasse" qui avait été couronné, et en 2013, le Prix avait été partagé entre Katell Quillévéré pour "Suzanne" et Louise Archambault pour "Gabrielle".

J'ai eu la joie d'apprendre que j'étais sélectionnée pour être l'une des 120 jurées de l'édition 2014, et que j'allais donc visionner sept films (tenus secrets) durant le week end des 4-5-6 Juillet, au Gaumont Pathé Beaugrenelle.

Vendredi 4 Juillet, je me suis donc rendue dans ce nouveau cinéma, très moderne, design et confortable, où je n'étais jamais allée, puisque possédant la carte UGC, je ne fréquente de facto plus les cinémas concurrents!
L'équipe de ELLE m'a remis mon kit de jurée, soit un badge pour pouvoir circuler librement dans le cinéma, un super stylo qui s'allume pour pouvoir prendre des notes dans le noir (ce que je n'ai pas fait) et un carnet avec le programme, le titre des films, et un coupon détachable où figureraient les notes sur 10 que je donnerais à ces sept films.

Ces films ne sont pas encore officiellement sortis, certains avaient déjà été projetés, notamment lors du Festival de Cannes, mais pour d'autres, c'était la première projection à un public autre que l'équipe du tournage. C'est vraiment formidable de pouvoir visionner un film vierge de toute critique ou commentaire, et c'était une très bonne idée de ne pas nous dévoiler le titre des films au préalable, afin que nous ne fassions pas de recherche sur eux. 

J'étais ravie de voir le premier film de la sélection, "Bande de Fille"s de Céline Sciamma car j'avais beaucoup aimé les deux autres films de cette réalisatrice, "Naissance des Pieuvres" et "Tomboy".


Mariem est une jeune fille d'origine africaine qui vit dans une cité. Elle rencontre trois filles de son âge au caractère bien trempé, qui l'intègrent dans leur bande: cette rencontre va la transformer, d'apparence comme de comportement. La bande permet de se sentir femme, de résister aux garçons du quartier, de contrer l'autorité du grand frère... même si j'ai trouvé le film trop long et le dernier tableau superflu, je me suis attachée à Mariem et à ses amies, et j'ai beaucoup aimé ce film. J'ai particulièrement apprécié deux scènes lumineuses: la scène d'ouverture, hypnotisante, qui présente du football américain, et cette scène absolument incroyable où les filles dansent et chantent sur "Diamonds" de Rihanna-qui m'a donnée des frissons.
Les quatre jeunes filles étaient d'ailleurs présentes à la projection. 



Une nouvelle amie

Le deuxième film m'a également ravie: "Une Nouvelle Amie" de François Ozon. Je ne peux pas en dire trop car cela pourrait nuire au suspense, mais outre l'excellente performance de Romain Duris et Anais Demoustier (dont la beauté, le charme et la féminité sont vraiment révélés dans ce film), j'ai beaucoup aimé la façon dont François Ozon traite le thème du film, très actuel, et va jusqu'au bout de son message, totalement assumé. J'ai entendu que le sujet-assez provocateur- n'avait pas forcément plu à tout le monde dans le public, mais pour moi c'est une vraie réussite.




Samedi 5 juillet, j'ai visionné trois films:


Le premier a été un gros coup de coeur: "Whiplash" de Damien Chazelle. C'est un premier film américain, qui a remporté le Grand prix de la fiction américaine et le Prix du Public à Sundance, sur un jeune homme de 19 ans qui intègre une école de musique renommée dans le but d'être le meilleur batteur de jazz de sa génération. Mais il doit convaincre Terence Fletcher, professeur passionné mais tyrannique, qui n'a aucune limite pour pousser ses élèves au meilleur...C'est la première fois que je vois un film sur la batterie, et c'est divinement bien filmé, plein de sang et de sueur, comme un match de boxe. 
Les deux thèmes, musique et harcèlement moral sont extrêmement bien traités, et les deux personnages principaux sont excellents. Bref, vraiment un film à voir!


Le deuxième film est "Les Héritiers" de Marie-Castille Mention-Schaar, qui est tiré d'une histoire vraie. La réalisatrice et le jeune coscénariste/acteur principal du film étaient d'ailleurs là pour présenter le film. Une prof d'histoire-géo, très bien incarnée par Ariane Ascaride, inscrit sa classe de seconde d'un lycée de banlieue au Concours de la Résistance, sur le thème des enfants et adolescents dans le système concentrationnaire nazi. Le thème de ce film m'a beaucoup intéressée car j'avais moi-même participé à ce concours quand j'étais en 3e (sur le thème des étrangers dans la résistance française, les FTP-MOI), et aussi pour le message républicain et laïque qu'il adresse. Plusieurs séquences m'ont fait pleurer, notamment le témoignage-réel-d'un adolescent déporté. Malgré quelques problèmes de justesse, et un peu trop de bons sentiments, c'est un film à voir.




Le troisième film: "Mommy" de Xavier Dolan, Prix du Jury à Cannes. La vie quotidienne d'une mère avec son fils Steve, atteint de graves problèmes psychologiques et sujet à des crises de violence. Ils sont soutenus par leur nouvelle voisine, une jeune femme qui souffre de bégaiement suite à un drame qu'elle a vécu. Ce film est extrêmement intense, et j'en suis sortie sonnée. Malgré un sujet lourd, pas de misérabilisme, mais au contraire, une grande énergie, et beaucoup de moments très drôles, notamment grâce au personnage de la mère, cash, pétulante et gouailleuse. Les trois acteurs principaux (Anne Dorval, Suzanne Clément et Antoine-Olivier Pilon) sont absolument excellents, et c'est un très beau moment de cinéma que nous offre Xavier Dolan.




Dimanche 6 juillet: 


Il me restait deux films à voir: le premier a été une belle surprise, "Elle l'adore", de Jeanne Herry, qui est la fille de Miou-Miou et Julien Clerc,  une comédie policière interprétée par Sandrine Kiberlain et Laurent Laffitte.
Muriel est esthéticienne et grande fan du chanteur Vincent Lacroix. Lorsqu'il frappe à sa porte en pleine nuit et lui demande son aide, elle n'hésite pas une minute.


Le rythme est enlevé, il y a beaucoup d'humour et un scénario très bien ficelé, avec un excellent casting, que ce soit les acteurs principaux ou secondaires. J'ai beaucoup ri, et me suis attachée au personnage de Muriel, mythomane qui n'est jamais là où on l'attend. 

J'ai eu le plaisir de voir apparaître sur scène à la fin du film Sandrine Kiberlain, qui a été adorable: lumineuse, sympathique, disponible, elle a répondu avec un grand sourire et beaucoup de gentillesse à toutes les questions (même les plus bêtes!) et s'est prêtée au jeu des photos et dédicaces de façon très agréable. 



Le dernier film de la sélection était "Saint Laurent", de Bertrand Bonello, qui était également là pour présenter son oeuvre. C'est le seul film où j'ai senti de l'hostilité de la part d'un bon nombre de jurées, notamment parce qu'il met en avant l'homosexualité et la toxicomanie d' Yves Saint-Laurent. C'est le film de la sélection qui m'a le moins plu, mais parce que je l'ai trouvé trop long et un peu ennuyeux. Par contre je n'ai pas trouvé qu'il insistait plus sur ces deux facettes d'YSL que le film de Jalil Lespert que j'avais vu à sa sortie, et en aucun cas ces sujets ont été traités de façon glauque. S'il est vrai que le film de Lespert montrait aussi les "années sages" du créateur que le film de Bonello qui se concentre sur les années 60-70, la créativité du couturier est également bien mise en avant et il y a un très beau travail sur les couleurs, la photographie et la bande-son. Gaspard Ulliel est excellent dans le rôle d'Yves Saint Laurent, et j'ai beaucoup aimé également la prestation d'Aymeline Valade et Louis Garrel. Cela m'a fait aussi plaisir de retrouver Amira Casar que j'aime beaucoup. 

Bref, ce n'est pas le film de l'année, et à mes yeux le moins bon de cette sélection, mais il a ses qualités. A noter qu'à chaque séance un dossier de presse du film  nous était remis-mention spéciale à celui de "Saint Laurent", qui est un très beau fascicule rempli de photos.




Quand j'ai dû remettre mes notes, j'ai classé ces sept films dans l'ordre suivant, avec en premier celui que j'ai préféré:
1. Whiplash
2. Mommy
3. Bande de Filles  
3. Une Nouvelle Amie ex-aequo
5. Elle l'adore
6. Les héritiers
7. Saint Laurent

J'aurai connaissance des résultats le 16 Septembre, lors de la remise du Prix...

J'ai passé un excellent week end, et suis ravie d'avoir eu la possibilité d'avoir vu une sélection de films d'un si haut niveau, certains six mois avant leur sortie officielle!

Le compte-rendu de Laure: jour 1, jour 2, jour 3.

lundi 7 juillet 2014

Étranges Rivages- Arnaldur Indridason

Après "Le Duel", chroniqué récemment, il me restait un seul policier d'Arnaldur Indridason à lire : "Etranges Rivages". Tout juste sorti en poche, ce roman a une place particulière dans la série "Erlendur" puisque le récit ne se passe pas lorsque l'inspecteur islandais est en service, mais pendant un séjour dans son village natal. 


Quand il était enfant, alors qu'il était parti en promenade avec son père et son petit frère, Bergur, une tempête terrible avait eu lieu, les séparant. Si Erlendur et son père avaient pu être sauvés, Bergur n'avait jamais réapparu. Depuis, Erlendur vit avec la culpabilité du survivant, et est fasciné par les histoires de disparition. En 1942, soixante soldats anglais avaient également été pris dans une tempête. Finalement, tous avaient été retrouvés, qu'ils soient morts ou vifs, mais une jeune femme, Matthildur, avait elle aussi disparu lors de cette tempête, sans jamais réapparaître. Erlendur décide de mener une enquête tout à fait officieuse, en remuant le passé et interrogeant les rares protagonistes encore en vie.

J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur dans un contexte non-professionnel et aux prises avec ses vieux démons, dans une atmosphère de doutes et de cauchemars récurrents. Le principe de l'enquête dans le passé lointain est intéressant et l'intrigue est bien ficelée, même si j'ai trouvé les méthodes d'Erlendur parfois un peu extrêmes- ce qui peut tout de même s'expliquer par son implication personnelle et par son passé de policier. 

Ce roman montre une facette plus personnelle et familiale d'Erlendur, qui mène l'enquête en solitaire, sur les lieux du drame qui a marqué son enfance, et que l'on revit grâce aux flash-backs. Pour ceux qui connaissent bien la série, la boucle sera bouclée, pour ceux qui n'ont jamais lu un roman d'Arnaldur Indridason, il vaut sans doute mieux commencer par un autre livre, car "Etranges Rivages" est vraiment un roman à part dans la série - et c'est encore mieux si on les lit dans l'ordre chronologique, le premier sorti en France étant "La Cité des Jarres". 

C'est un très bon roman, une valeur sûre pour ceux qui aiment les thrillers.

Retrouvez les avis de mes camarades podcasteuses sur "Etranges Rivages" dans la session d'Août de BIBLIOMANIACS.

C'est ma participation au challenge de Miss Leo "Le Mélange des Genres", dans la catégorie Roman noir/policier/thriller.